DHANURASANA-L’ARC ET SA SYMBOLIQUE

DHANURASANA-L’ARC ET SA SYMBOLIQUE

« Le langage sacré des asanas » d’après SWAMI SIVANANDA RADHA

 

 

DHANU signifie « arc ». Dans l’introduction de l’ouvrage de Eugen Herrigel, le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, D.T.Suzuki dit que la pratique du tir à l’arc est une forme d’entraînement du mental. L’archer et la cible deviennent une subtile harmonie entre tendre l’arc et retenir son souffle d’une part, et le lâcher et expirer d’autre part.

La posture

Pour réunir toutes les conditions favorables à cet asana, il est indispensable d’être souple et d’avoir une colonne vertébrale flexible. Mais souplesse et force doivent être équilibrées. Force de tension et de détente se mêlent et ne peuvent pas être séparées. Jusqu’où peut -on aller dans la flexion ? Quand la limite est -t- elle atteinte ?

Réflexions

Il y a, dans le Mahabharata, une histoire intéressante illustrant à quel point il est important de conquérir le mental plutôt que les ennemis extérieurs.

Un sage de la lignée royale appelé Alarka, après avoir conquis ce monde jusqu’à l’océan grâce au concours de son arc et ayant accompli des actions remarquables, reporta sont intérêt sur des questions plus subtils. Il se dit : « Mon mental est devenu trop fort. Or, cette conquête- là est incessante qui a le mental pour objet. Bien qu’entourés d’ennemis, je dirigerai dorénavant mes flèches dans une autre direction…. J’enverrai mes flèches acérées contre mon mental »

 

Pour l’hindouisme, la syllabe OM est l’arc, la flèche en est l’esprit et le soi l’ultime (Brahma) la cible. La concentration sans faille, c’est l’action. La cible percée par la flèche, c’est l’accomplissement. Reconnaître ce qu’il faut faire pour vivre cette expérience est écrasant, selon l’expression d’Ajurna dans le premier discours de la Bhagavad Gita. Comme Ajurna le comprend par la suite, ses amis et les membres de sa famille ne sont autres que les aspects de sa personnalité devant être éliminés afin qu’il puisse continuer à progresser spirituellement.

Comme le dit Kali Gibran dans le prophète : 

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ce sont les fils et filles de l’appel de la vie à elle-même……vous êtes les arcs par qui vos enfants, tels des flèches vivantes, sont projetés. Que votre tension par la main de l’archer soit pour la joie, car de même qu’il aime la flèche qui vole, de même il aime l’arc qui est stable 

 

Article paru dans « le lien » revue périodique association les amis d’André Van Lysebeth